Un client nous appelle : « on m’a volé quelque chose il y a trois semaines, je peux revoir les images ? » Souvent, la réponse est non : le disque a déjà tourné et les anciennes images ont été écrasées. La durée de conservation est pourtant un choix, et il se fait au moment de l’installation. Voici comment le décider.
Quelle durée d’enregistrement prévoir
Tout dépend du délai au bout duquel vous vous rendez compte d’un problème :
- Une maison : une à deux semaines suffisent dans la plupart des cas.
- Un commerce : au moins deux semaines, car un écart de caisse ou une disparition de marchandise se remarque parfois plusieurs jours après.
- Une entreprise, une usine, un entrepôt : un mois est une base courante, le temps qu’un inventaire ou un contrôle révèle le problème.
- Un site sensible : la durée se décide avec le responsable sécurité, et souvent avec le client final.
Au Maroc, la vidéosurveillance relève de la loi 09-08 et du contrôle de la CNDP : la durée de conservation doit rester proportionnée à la finalité déclarée, et les images ne doivent pas être gardées indéfiniment. Nous en parlons en détail dans nos articles sur la déclaration CNDP, dans le blog MPS.
Ce qui fait grossir ou réduire l’espace utilisé
Quatre facteurs déterminent la place prise sur le disque :
- Le nombre de caméras : c’est le facteur le plus direct.
- La résolution : passer de 2MP à 8MP multiplie nettement le volume.
- Le nombre d’images par seconde : 25 images/seconde sur toutes les caméras est rarement nécessaire ; beaucoup de sites descendent à 12 ou 15 sans perte utile.
- Le mode d’enregistrement : enregistrer en continu, ou seulement sur détection de mouvement. La détection réduit fortement le volume sur un site calme la nuit, mais fait perdre les secondes qui précèdent l’événement si elle est mal réglée.
Les enregistreurs récents utilisent aussi des compressions modernes (H.265, H.265+) qui réduisent beaucoup le poids à qualité égale par rapport à l’ancien H.264. C’est l’un des premiers réglages que nous vérifions sur une installation existante.
Le disque dur d’un enregistreur n’est pas un disque d’ordinateur
Un NVR ou un DVR écrit 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Un disque de PC ordinaire n’est pas conçu pour ce régime et finit par lâcher, souvent au bout de quelques mois, et toujours au mauvais moment. Il faut un disque dit « surveillance », prévu pour l’écriture continue et pour plusieurs flux vidéo simultanés.
Deux conseils qui évitent des déconvenues : prendre un disque un cran au-dessus du besoin calculé, pour garder de la marge si vous ajoutez des caméras plus tard, et vérifier que l’enregistreur accepte bien la capacité choisie.
Que se passe-t-il quand le disque est plein
Par défaut, l’enregistreur écrase les images les plus anciennes : c’est l’écriture en boucle. Rien ne s’arrête, rien ne prévient. C’est exactement pour cela qu’on choisit la taille du disque en fonction de la durée voulue, et non l’inverse.
Sauvegarder une séquence importante
Dès qu’un incident survient, la bonne réaction est d’exporter la séquence le jour même, sur une clé USB ou vers un ordinateur, avant qu’elle ne soit écrasée. Nous montrons toujours cette manipulation aux responsables lors de la mise en service : c’est la plus utile de toutes.
Vérifier son enregistreur une fois par mois
Trois minutes suffisent : ouvrir l’application ou l’écran, vérifier que toutes les caméras affichent une image, et remonter dans les enregistrements de quelques jours pour confirmer qu’ils existent bien. Beaucoup de systèmes tombent en panne silencieusement — une caméra débranchée, un disque mort — et personne ne s’en aperçoit avant d’avoir besoin des images.
C’est ce contrôle, avec le nettoyage des caméras, qui constitue l’essentiel d’un contrat de maintenance vidéosurveillance.
Pour aller plus loin : caméras de surveillance à Tanger, caméra de surveillance au Maroc, ou demander un devis gratuit.
